Popup abécédaire
octobre 8th, 2008
Marion Bataille nous fait une présentation de son livre popup dans lequel chaque page de l’ouvrage nous dévoile une mise en volume d’un caractère typographique.
A la lettre N comme neurones…
janvier 31st, 2007
A la lettre N comme neurones,
Gilles Deleuze évoque les peintres Robert Delaunay et Simon Hantaï
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Robert Delaunay, disque (1912–13)
repro: www.robert-delaunay.net
Né à Paris en 1885 et mort à Montpellier en 1941. Marié à Sonia Delaunay (1885 - 1979), peintre également et dont on peut voir les œuvres au musée de Beaubourg.
Formé dans un atelier de décors de théâtre pendant deux ans, Robert Delaunay décide de se consacrer à la peinture, d’abord en peignant des toiles impressionnistes qu’il expose en 1904 au Salon des Indépendants.
Dans le même temps, il travaille sur la lumière, influencé par Seurat ainsi que par les textes théoriques de Chevreul sur la perception des couleurs. Découvrant l’oeuvre de Cézanne en 1907, il participe aux recherches cubistes en pratiquant la dissociation des formes comme dans les séries des ‘Villes’ ou des ‘Tour Eiffel’ et introduit la notion de couleur dans ses toiles, encouragé par le peintre russe Sonia Terk, qui deviendra sa femme.
En 1912, au Salon des Indépendants à Paris, il fait la connaissance d’artistes expressionnistes comme Klee ou Kandinsky et voit sa peinture qualifiée par Guillaume Apollinaire de ‘cubisme orphique’, en référence au mythe d’Orphée, où la lumière joue un rôle capital.
Dans les années vingt, Delaunay diversifie son travail, participe à l’exposition des Arts décoratifs avec Fernand Léger, compose des décors de cinéma ou réalise les portraits de ses amis, proches du Surréalisme - Tzara, Breton, Aragon - avant de revenir à l’art abstrait en 1930.
Les commandes passées par l’Exposition universelle de Paris de 1937 lui permettent de réaliser ses peintures monumentales comme les fresques murales des pavillons des chemins de fer et de l’air.
source:http://www.evene.fr
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Simon Hantaï -Composition, 1969
Peintre né en 1922 à Biatorbágy en Hongrie.Après l’école des Beaux-arts de Budapest, il parcourt l’Italie à pied et s’installe en France en 1949. Il prend la nationalité française en 1966. André Breton préface sa première exposition à Paris, mais dès 1955 il rompt avec le groupe surréaliste car André Breton n’a rien voulu entendre à propos du rapport entre l’ action painting de Jackson Pollock et la théorie de l’écriture automatique.
Hantaï invente le pliage en 1959 : la toile pliée, froissée est imprégnée de couleur puis dépliée. La couleur qui s’est déposée de façon discontinue apparaît en éclats répartis à travers l’espace de la toile faisant jouer sur le même plan les réserves blanches.
A partir de 1960, il décline ses abstractions par séries, elles sont très blanches ou plus colorées, brutes ou fines, flottantes ou géométriques. La première série s’intitule “Mariales” (1960-1968). La deuxième série “Toiles pour Reverdy” (1969). La troisième “Les blancs” (1973-1974). Et enfin “Les tabulas” (A partir de 1974).
Il déclare : “Le pliage ne procédait de rien. Il fallait simplement se mettre dans l’état de ceux qui n’ont encore rien vu; se mettre dans la toile. On pouvait remplir la toile pliée sans savoir où était le bord. On ne sait plus alors où cela s’arrête. On pouvait même aller plus loin et peindre les yeux fermés”.
Source wikipedia
lundi 23 oct.2006 - La question du territoire dans l’Anti-Oedipe
novembre 27th, 2006
La projection du « A comme animal » , premier axe de réflexion de l’Abécédaire de Gilles Deleuze, a soulevé plusieurs notions : devenir-animal, mondes animaux, territoires et déterritorialisation. “Tout animal a un monde.” Et tout monde-animal reste étrange, étranger, parcouru d’instincts distincts, aux aguets, en quête de territoires et de lignes de fuite. Devenir-animal, c’est poursuivre l’altérité, c’est résister au lacis identitaire et policé, c’est échapper aux rets des appareils institutionnels, c’est redevenir vivant, homme, femme, enfant, animal, végétal.
A partir de ces concepts, il m’a semblé intéressant de creuser la notion de déterritorialisation au travers de quelques recherches que j’avais fait sur « L’anti-Œdipe », ouvrage écrit par Gilles Deleuze (DG) en collaboration avec Felix Guattari (FG), et parut en 1972.
L’Anti-Œdipe est le premier grand livre philosophique issu de la conjoncture de mai 68, et il eut un écho retentissant car il se positionne à la fois comme critique du Système capitaliste et de la psychanalyse Freudienne en les mettant en relation. C’est un ouvrage qui se compose de deux parties : « Capitalisme et Schizophrénie », le tome I, et « Mille plateaux », le tome II. Ce dernier est particulièrement connu pour le texte qui en a découlé, « Rhizome », qui a initié une longue série de travaux et de réflexion autour des réseaux. Ici, étant donné le sujet qu’il m’intéressait d’aborder, je parle principalement des notions du premier volet : « Capitalisme et schizophrénie ».
Il présente différents axes de réflexion :
_Les flux
_La critique du système capitaliste
_La critique de la psychanalyse freudienne
_La schizophrénie et le complexe d’Œdipe (Avec en postulat le concept de « schizo-analyse »)
Rq : le point de vue étant la question du territoire, ce sera selon ce seul point de vue que j’ai récolté des informations dans l’ouvrage.
1/ LES FLUX
Selon DG et FG, tout est question de flux. Une personne est un système de flux entrée/sortie, par exemple ne serait-ce que par sa physiologie, sa respiration (inspiration/expiration est un bon exemple de système de flux entrée/sortie).Cette personne s’insère dans une société qui est elle même un système de flux ; flux d’activités de personnes, de capitaux.. et selon les auteurs, tout peut alors être décodé dans un système de flux, ou codé à l’inverse.
La société alors constitue un corps qui est lui-même un système de flux, de codages et de décodages de flux, qui territorialise, reterritorialise ou déterritorialise les différents systèmes qui la compose – les gens.
(Par exemple on peut tout à fait comparer ce système au corps humain, qui est un système constitué d’organes aux fonctionnements spécifiques, qui sont eux-mêmes constitués de cellules aux fonctions et aux natures différentes, elles-mêmes générées par une formulation de molécules spécifiques..)
Ces personnes sont des points de coupures, jonctions/points d’encrage des flux. Elles apparaissent comme des interceptions ou points de départ d’Axiomes.
« Si une personne a des cheveux, ces cheveux peuvent traverser plusieurs étapes : la coiffure
de la jeune fille n’est pas la même que celle de la femme mariée, n’est pas la même que celle
de la veuve : il y a tout un code de la coiffure. La personne en tant qu’elle porte ses cheveux, se
présente typiquement comme interception par rapport à des flux de cheveux qui la dépassent
et dépassent son cas et ces flux de cheveux sont eux-mêmes codes suivant des codes très
différents : code de la veuve, code de la jeune fille, code de la femme mariée, etc. C’est finalement
ça, le problème essentiel du codage et de la territorialisation qui est de toujours coder les flux
avec, comme moyen fondamental : marquer les personnes, (parce que les personnes sont à
l’interception et à la coupure des flux, elles existent aux points de coupure des flux). »
source : « Les cours de Gilles Deleuze/ Anti-Œdipe et Mille-plateaux/ Cours Vincennes – 16/11/1971)
Ainsi , en appliquant une hiérarchisation décroissante, toute personne serait assignée à un système de territorialité car intégrée dans une structure axiomatique de circulation de flux ; ce système lui-même point d’axiome assigné à la territorialité d’un autre système, etc…
2/CRITIQUE DU SYSTEME CAPITALISTE
a/ Système capitaliste
Pour D. et G., le système capitaliste a pour base un système de codage de flux qui n’étaient pas assignés dans sa zone axiomatique « cernée ».
Ainsi, partant du principe que l’homme est une « machine désirante » (voir 3/), ils considèrent que le rôle et le développement du système capitaliste trouvent leurs bases de fonctionnement dans l’ « excitation » de ces machines désirantes (pour reprendre la métaphore des axiomes nerveux).
Ainsi, par la stimulation du désir, il se produit un flux sortant, « réactionnaire » de part son action de déterritorialisation, et la récupération de ce flux sortant et de son axiome de contact par le système créé un nouveau codage et donc une expansion de ce système…ainsi pour une croissance exponentielle.
Le paradoxe de cette étude, et ce qui en vaut la critique, consiste en ce que le Capitaliste, à sa base, s’est posé comme un renversement des codes sociaux connus jusque là ; mais, par la récupération de toutes ces négations, il en a recréé tout un système de codages.
Cf. « Sociétés primitives/colonisation. » Leclaire
« Ethnocide ». Jaulin
b/machines désirantes
Le désir est le moteur de fonctionnement des flux (voir aussi commentaire sur le « D comme désir ») :consommer, bouger, communiquer.
Selon la psychanalyse freudienne, Désir, ou peu importe, Inconscient, est imaginaire ou symbolique.
Il se repose sur la question du « familiarisme », qui consiste à référer la libido ,et avec elle la sexualité, à des postulats de constatations symboliques vis-à-vis d’une fonction familiale structurante.
Selon D. et G., le désir est une mécanique créée par la société et la « praxis » (contexte d’évolution historique, social et culturel , pour faire court) est fondamental à la compréhension de son stimuli.
D. et G. se placent en critique de la psychanalyse freudienne en ce sens que selon eux, elle s’intègre complètement au fonctionnement capitaliste, et que sa tendance plus qu’affirmée à se référer au familial en évinçant la « praxis », coupe le contact avec le dehors, créé un complexe, qui serait compensé à ce moment-là par le système capitaliste, placé en « métamoteur » créateur de « désir », alors que le désir est inhérent à la pensée humaine, et qu’elle n’a nul besoin d’un système capitaliste pour s’en rendre compte.
Le complexe ainsi généré par le complexe capitalisme/psychanalyse apparaît comme ce qu’ils qualifient de complexe d’Œdipe.
(Il est intéressant tout de même de constater que c’est la figure d’interprétation psychanalytique la plus connue qu’ils utilisent pour qualifier le complexe. Note : Felix Guattari était lui-même psychanalyste).
Remarque : la dernière partie, schizo-analyse et complexe d’Œdipe n’ayant pas de rapport direct avec la question du territoire, je n’en parlerait pas ici…. Voir le bouquin pour les audacieux….)
Ainsi la relation au territoire agit comme suit :
La société capitaliste capitalise (hihi… ☺) des flux qui stimulent des désirs de « déterritorialisation ».
Ainsi part un nouvel axiome, matérialisé par un point de fuite, qui, récupéré par le système, entraine le phénomène de « reterritorialisation », et ainsi l’expansion de la société. Par son expansion et l’assimilation de ce nouvel axiome, elle va codé de nouveaux flux, les territorialisés et en faire alors de nouveaux codes. Et ainsi de suite..
On pourra y voir peut-être le mode fonctionnement de ce que l’on appelle les mouvements « underground » ; qui naissent de façon ponctuelle et sans appellation donnée, jusqu’à ce qu’ils soient qualifiés comme tels et cessent alors d’être alternatifs pour être récupérés par la société qui en fait des « courants », ou des « mouvements », d’abord, puis qui les assimilent pour enfin qu’ils deviennent phénomènes de mode, quelles qu’en soient les échelles.
lundi 13 novembre - L’Abécédaire : B comme boisson / C comme culture
novembre 13th, 2006
Notes à propos de B comme Boisson
En ce jour, nous regardons Gilles Deleuze se contorsionner devant les questions de Claire Parnet, et finalement mettre beaucoup de temps à les faire siennes. C’est du reste ce qu’il disait déjà dans le livre qu’ils firent ensemble : “La plupart du temps, quand on me pose une question, même qui me touche, je m’aperçois que je n’ai strictement rien à dire. Les questions se fabriquent comme autre chose. Si on ne vous laisse pas fabriquer vos questions, avec des éléments venus de partout, de n’importe où, si on vous les “pose”, vous n’avez pas grand-chose à dire (1).”
Mais aujourd’hui : la boisson, épreuve de laquelle le philosophe est sorti grandi - du moins pouvons-nous le penser. Il évoque en effet avec beaucoup de distance ironique le “j’arrête quand je veux” de l’alcoolique ou du toxicomane. Mais il n’en reste pas là et pointe que l’enjeu de l’alcoolique est de gérer le dernier verre… ou plutôt l’anté-pénultième ou avant-dernier. Pourquoi l’avant-dernier ? Parce c’est selon lui, celui de la limite, celui au delà duquel continuer serait changer d’arrangement avec le monde. Continuer au delà serait devenir malade, dormir, s’écrouler, ne plus pouvoir tenir socialement un rôle attendu, etc. Ce serait sortir du cadre. Or, dans l’expérience alccolique, il ne s’agit pas de sortir du cadre mais de se maintenir à la limite.
Il évoque sans ambiguité le leurre que représente le recours à une drogue , qui - selon la croyance de celui qui s’y adonne - “aide” au travail, jusqu’au moment où elle rend toute chose impossible. Et puis c’est à travers la littérature et des exemples d’écrivains alcooliques qu’il poursuit. Ceux là qui ont recours à l’alcool s’y adonnent parce qu’il leur permet de “voir quelque chose de trop fort” qu’ils ne pourraient supporter sans celà.
[1] G. Deleuze et C. Parnet, Dialogues, 1977, rééd. Flammarion, 1992
Notes à propos de C comme Culture
Claire Parnet commence par relever que Gilles Deleuze se dit non cultivé, non intellectuel, et “sans aucun savoir de réserve”. Le philosophe explique qu’il n’y a là aucune ruse ni fausse modestie mais une question de méthode : ce qu’il apprend, il le fait pour les besoins de son travail philosophique. Et tout est oublié une fois le travail écrit. Il s’agit d’un rapport très particulier au savoir, qui ne capitalise pas, mais semble se focaliser sur une attitude devant l’inconnu, ce qu’il cultive c’est une curiosité, une attention. C’est ainsi qu’il explique combien pour lui, parler est “sale” et écrire “propre”. Il fustige avec humour les reconnus ou proclamés intellectuels pour leur rapport au savoir tout sur tout. Sa position est de dire que la culture n’est pas de savoir un maximum de choses et d’avoir des opinions sur tout mais plutôt d’être dans une position de l’être aux aguets. Cette figure est déjà celle qu’il utilise dans “A comme animal”, indiquant qu’elle est celle qui caractérise le mieux le devenir animal.
La question de l’animalité de l’être aux aguets amène au territoire, qu’il arpente en tous sens, et pose la question de l’entrée et de la sortie d’un sujet d’investigation. Comment y entre-t-on ? Comment en sort-on ? Et c’est l’exemple des plieurs de papier et des surfeurs - à la suite de la parution du livre “Le pli, Leibnitz et le baroque” - qu’il donne comme exemple de rencontres avec ses lecteurs, et non pas celle de la parole des spécialistes (ses pairs) lors des colloques et de leurs voyages inutiles.
La rencontre se fait avec des idées, avec des concepts, avant que de se faire avec des gens. Mais, si la culture lui paraît une valeur bien mal comprise dans son monde contemporain, il en souligne aussi le risque : l’époque actuelle pourrait très bien laisser passer les nouveaux Beckett parce que ce ne sont plus les lecteurs ni même les éditeurs qui revèlent les talents mais les distributeurs. Ainsi, pour lui, depuis que les journalistes ont change de média et se sont invités dans l’espace du livre, le règne de la “petite histoire personnelle” a commencé, entrainant ce qu’il appelle une “période culturelle pauvre”, d’une durée indéfinie.
Enfin, pour ne pas terminer, je découvre aujourd’hui cet article sur le web : “Deleuze le libertaire” de Catherine Halpern dans la revue Sciences Humaines.
C’est une belle invitation à écouter cette voix fatiguée mais joyeuse, à aller au delà des paroles, vers les mots de ses livres aussi, traquer la liberté qu’il a su inventer et dans laquelle tant d’artistes, de non artistes, de philosophes et de non philosophes se sont reconnus.
L.D.A
lundi 30 oct. 06 - L’abécédaire : T comme Tennis
octobre 30th, 2006
L’abécédaire
L’Abécédaire de Gilles Deleuze : T comme Tennis où il s’agit d’invention de coups…
lundi 23 oct. 06 - Présentation des lundis “Qu’est-ce qu’un média ?”
octobre 23rd, 2006
Qu’est-ce qu’un média ?
Où il s’agit moins de répondre à la question, que de la garder vivante
Pour cette première séance 2006 nous présentons la formule de rencontres des lundis, nous en fixons ensemble les modalités de fonctionnement et les horaires.
Chaque lundi jusqu’aux UVs de février, de 10h à 12h30, ces deux heures trente seront divisés en trois interventions de nature différente :
1) L’abécédaire de Gilles Deleuze, une lettre ou deux à chaque séance, qui fera ensuite l’objet d’une discussion collective
2) L’exposé d’un média choisi, problématisé et présenté à tous par un enseignant
– une pause
3) L’exposé d’un média choisi, problématisé et présenté à tous par un étudiant
On peut voir sur le sujet des médias, le site Leonardo-Olats de Annick Bureaud qui consititue une excellente entrée en matières.
lundi 23 oct. 06 - L’abécédaire : A comme animal
octobre 23rd, 2006
A comme animalOn commence notre cycle Abécédaire avec la première lettre :
A comme animal, pour découvrir l’essentiel des concepts philosophiques de Gilles Deleuze, l’essentiel et jusqu’au déclic dont parle Gilles Châtelet.