Controverses en contexte

mars 9th, 2009

controverses BNF

Si vous vous trouvez sur Paris du 3 mars au 24 mai, je vous conseille, à la BNF, une exposition sur des photos qui ont fait controverse. La plupart sont des pierres angulaires de l’histoire de la photo voire même plus largement de l’histoire de l’art. Présentées chronologiquement, les premières sont fondatrices de l’inscription de la photo en tant qu’art reconnu, et déjà auto réflexives (”autoportrait en noyé”, 1840, de Bayard). D’autres questions se posent, comme le problème de reproductibilité (valeur marchande et ventes faussées car reproduites et non originales) et de la manipulation (photomontages et trucages comme instruments de propagande, au service Staline par exemple qui prenait plaisir à effacer ses opposants politiques ayant posés avec lui antérieurement, pour clairement signifer au peuple la ligne politique à adopter pour rester dans le paysage politique !) (ou la fameuse photo de Robert Capa, “mort d’un soldat républicain”, 1936). Controverses et scandales aussi lorsque certains clichés dépassent l’éthique et la morale du moment, comme la dernière photographie de lady Diana, par Langevin, 1997 ; ou la question de la nudité enfantile suggestive pour certains. Bref, un tour d’horizon très riche ou chaque photo semble essentielle à l’histoire de la photo en révélant chacune un certain degré d’iconicité. On redécouvre certaines photos tellement ancrées dans le paysage qu’on en oublié leur contexte qu’on croit connaître mais dont on se surprant toujours à découvrir une nouvelle clé de lecture.

(un article intéressant) http://www.francesoir.fr/culture/2009/03/08/photo-controverses-en-contexte.html

Ecofont

février 20th, 2009

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“A chaque document imprimé, on ne consomme pas seulement du papier mais aussi de l’encre. SPRANQ creative communication, une web agency batave, a trouvé une solution pour prolonger nettement la durée de vie de vos cartouches: Ecofont. Une nouvelle police d’impression, économique et écologique!…”
http://www.ecofont.eu/ecofont_fr.html

© Affiche Obama versus AP

février 9th, 2009

Le succès de l’affiche de Shepard Fairey suscite des convoitises :
Lire ici

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Plus belle la vie

février 3rd, 2009


YouTube Direkt Her Morning Elegance / Oren Lavie

Directed by : Oren Lavie, Yuval and Merav Nathan - Photography : Eyal Landesman - Featuring : Shir Shomron

On trouve en ce moment sur le site du New-York Times une frise chronologique faite des portraits miniatures des présidents des Etats-Unis d’Amérique, depuis leur premier représentant George Washington en 1789 à Barak Obama en 2009. Ces vignettes photo sont assorties d’un nuage de mots-clés (tag cloud) témoins des termes les plus employés dans leur discours d’investiture.

B.Obama(1)
La nouvelle confrontation “mots-images” - plutôt que “texte-image” - qui en naît devient très “parlante” alors que, paradoxalement, elle nous prive (dans un premier temps) de texte. Cette confrontation produit de nouveaux rapprochements de sens dans une (apparente) économie de moyens, elle établi des proximités entre les termes eux-mêmes, sans doute par le fait que ces mots extraits de leur contexte syntaxique, narratif, prennent une nouvelle valeur : une valeur notionnelle. Les mots-clés représentent en effet bien plus une notion, une idée car ils sont seuls face à d’autres mots, privés du contexte créé par un discours dans une phrase. De plus l’indexation de leur taille dans le nuage (visibilité) selon leur fréquence d’utilisation (usage) contribue à créer un nouveau rapport de signification qui se passe de discours. Le mode de tri et de sélection du “tag-cloud” est inspiré du ranking, principe à l’œuvre dans l’algorithme du moteur de recherche de Google (cf. “Google moi” de Barbara Cassin). Le nuage de tags créé les conditions d’une nouvelle façon de synthétiser l’information et de la transmettre. C’est un peu comme si la fonction “d’embrayeur” assortie d’un “rapport associatif” développée par Ferdinand de Sausssure dans son « Cours de linguistique générale » (1916) avait trouvé aujourd’hui les moyens techniques de sortir du monde des concepts. C’est par la réduction d’information, par une condensation - qui est aussi le terme qui désigne le processus à l’oeuvre dans les nuages réels qui se forment au dessus de nos têtes - qu’émergent non plus des discours, mais des ensembles, des zones, des “clusters“. Les choses se passent un peu comme si dans nos nouveaux espaces connectés, le langage passait du mode temporel au mode spatial, ce que l’hypertexte avait déjà inauguré mais que les technologies programmatiques (php-mysql, ajax) de l’ère web2 ont radicalisé.

Une image, un nuage de termes notionnels hiérarchisés nous laissent ainsi tricoter - pour nous mêmes - une histoire, car nous ne manquons pas de contexte, qui vient à  nous par tous les canaux possibles. Cette activité de nommer par nous mêmes les mots-clés porte maintenant un nom : la folksonomie. Elle a fleuri avec les systèmes de publication de type blogs. Pendant que j’écris ce post pour wip-design, j’écoute “La Fabrique de l’Histoire” sur france culture, une émission aujourd’hui consacrée à quelques présidents dont Franklin Delano Roosevelt. Ce président avait missionné Vannevar Bush, chercheur au MIT, pour envisager un système d’information digne des défis posés à la société moderne de l’après guerre. Celui-ci allait imaginer le mythique MEMEX (Extended Memory) et écrire en 1945 l’article “As we may think” dans lequel il allait fonder en visionnaire, les systèmes d’informations contemporains et inventer le concept d’une navigation à travers des documents hétérogènes.

F.D.Roosevelt

Dans le même temps, je surveille à intervalles réguliers les flux rss de mon agrégateur favori. Et quand je teste pour la énième fois cette frise de portraits et de mots clés qui ne présente à première vue guère de qualités interactives, je reconstruis mes souvenirs et les éprouve face au nouveau type de perception qui m’est proposé. Les tags maintenant très répandus dans les systèmes d’information de la génération dite “web2″, représentent une alternative plus souple (notion de voisinage, de proximité donc de proxémie) face à l’exactitude du moteur de recherche hérité de l’ère informatique (full text match ou recherche “plein texte”) ou encore à la présentation alphabétique héritée du livre, de l’encyclopédie totalisante.

La presse quotidienne nous avait habitués à la présentation d’images augmentées d’une légende, environnées d’un chapeau ou accroche et mise en contexte avec le corps du texte de l’article, éventuellement séquencé sur plusieurs pages. Ce mode très organisé, hiérarchisé, créait aussi beaucoup de circulations, de “promenades” dans l’espace linéaire de nos lectures. Il n’a plus cours de cette façon à l’écran où d’autres modalités s’inventent peu à peu. Mais revenons à l’interface du N.Y.Times.
Je disais plus haut que sa frise chronologique n’offrait guère de qualités interactives apparentes. Un usage approfondi nuance cette lecture de surface : si vous cliquez sur un terme du nuage de mots, dans l’exemple que donne la capture d’écran (ci-dessous), si vous survolez le terme “peace” par exemple, vous voyez dans un petit calque sous le pointeur de souris, que ce mot est utilisé 4 fois seulement par Barack Obama.

B.Obama

Si vous cliquez sur le mot “peace”, vous pouvez lire - en contexte - les endroits où il utilise ce mot dans son discours d’investiture. Mieux, ce petit texte, scrollable, est surmonté d’un mini graphe à barres qui montre en reprenant la même organisation linéaire que la frise des visages des présidents, combien de fois ceux-ci l’ont utilisé. On découvre alors que certains ne l’ont pas utilisé une seule fois… et que d’autres, tels Richard Nixon bat tous les records avec 19 utilisations.

R. Nixon
On s’interroge alors sur le rapport entre la fréquence d’usage d’un mot et sa valeur politique mais ce serait là un autre sujet d’article, pour un spécialiste de ce genre de questions. On peut cependant formuler ici quelques interrogations de lecteur. L’usage des mots peut traduire (dans ce contexte) une volonté politique personnelle mais tout autant l’influence d’un climat et d’un contexte historique et social donné. Ainsi “peace” est-il plus utilisé par Richard Nixon parce que c’est la marque de sa volonté politique ou parce que ce terme est devenu en pleine guerre du Vietnam une sorte d’incantation pour la faire cesser ? On peut remarquer qu’un autre président l’a aussi beaucoup utilisé, en première position dans son discours  : F.D Roosevelt en 1945, juste après la guerre, au moment où les Etats-Unis venaient de se servir de la bombe atomique à peine mise au point, où s’inventait aussi l’ordinateur moderne, car le deuxième mot le plus utilisé était “learn” (apprendre). On mesure vite que la fréquence d’utilisation des termes mérite au minimum une attentive réflexion et au mieux le long temps de la fabrique du sens : lecture, conversations, re-lecture, échanges, croisements, mises en relations, etc.
Mais revenons à l’information. Les nouvelles formes déployées (graphes dynamiques, nuages notionnels, liens) ont un fort pouvoir d’engrammer, d’encapsuler d’autres informations, ce sont des formes modulaires complexes. Elles se dotent d’un nouveau pouvoir de représentation en devenant des méta signes. On utilise d’ailleurs le terme de méta-tags pour qualifier les mots-clés. Ils représentent donc un domaine qui excède le pouvoir du seul label des mots. Leur lecture et leur co-présence dans un univers informationnel hautement connecté demande des compétences culturelles en recomposition constante, ainsi qu’une certaine appétance technologique, sans laquelle beaucoup de signes échapperaient.
L’information était totalement accessible dans l’imprimé parce que sa matérialité possédait une totalité circonscrite et un support non variable : en effet sur un livre très peu d’information reste cachée si ce n’est en tournant les pages pour gérer le temps du dévoilement (et bien sûr sauf à jouer avec le support, par des plis par exemple). A l’écran c’est tout le contraire. Tout montrer est une question qui ne se pose plus en ces termes. Elle ne le peut plus car la totalité d’un savoir donné est devenue avec les médias de flux connectés, infinie. Il n’est donc pas anodin que les systèmes graphiques et cognitifs convergent vers des solutions de type méta-cognition. L’information était stockée comme une denrée stable (écriture imprimée), elle coule maintenant comme un fluide instable (flux agencés). Nous avions besoin de nos mémoires culturelles pour lire et parcourir ces mémoires de stock, nous avons aujourd’hui besoin d’outils conceptuels pour naviguer, relier et agencer ces métas briques d’informations changeantes et spatialisées. Le design d’information ou design de données sont au cœur de ces fonctionnements, de ces pratiques et de leurs enjeux, côté lecteur comme côté concepteur, car ils constituent les articulations des systèmes médiatiques qui restent sans cesse à (ré)inventer.

PS : cet article s’est vu largement corrigé et modifié ces derniers jours, il ré-apparaît donc avec un titre remanié, plus en lien avec le sujet dont il traite.

Do Good Design: How Designers Can Change the World, un nouvel ouvrage chez Aiga Design Press, explique pourquoi et comment le design fait partie intégrante des grandes crises auxquelles le monde fait face aujourd’hui.
Pourquoi les gens achètent-ils des maisons qu’ils ne peuvent pas payer? Pourquoi les fabricants américains d’automobiles en arrachent-ils? Comment le design a-t-il contribué à faire élire un président (cf article de Luc ci-dessous) ? L’auteur, David B. Berman, trésorier d’Icograda, croit que le design importe plus que jamais.
Selon lui, les designers ont le pouvoir de choisir en quoi consiste leur profession: inventer des tromperies qui encouragent la consommation ou aider à réparer le monde.
La préface est signée par le designer et typographe allemand Erik Spiekermann.

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merci de faire circuler

janvier 19th, 2009

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“Topo graphie”

janvier 5th, 2009

Workshop zavec Alain Barraquie le 15, 16, et 17 décembre 2008
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