post-média, médiascape // centon, collage, found-footage et sample…
janvier 31st, 2007
Aujourd’hui mardi 22 janvier nous travaillons avec les étudiants de DESIGN3 à partir de deux textes qui traitent, à quatorze années d’écart, de la fusion des médias dans ce que Félix Guattari nommait déjà une ère post-média, concept qu’Olivier Blondeau poursuit et fait évoluer à travers celui de médiascape de Arjun Appadurai, pour examiner la pratique audio-visuelle très contemporaine de “found-footage” des militants altermondialistes.
On peut constater après quelques recherches qu’on trouve depuis (très) longtemps en littérature un procédé semblable. Il consiste en l’écriture de textes (des poèmes habituellement) à l’aide de phrases extraites d’autres romans : le centon. Yack Rivais a écrit un roman selon ce principe : “Les Demoiselles de A.”
Nicole Biagioli (Université de Nice-Sophia Antipolis) rapporte même que dans l’Antiquité déjà, Ausone avait composé un centon nuptial assez leste avec des vers de Virgile…

“Le recyclage génère de nouvelles images, et chaque jour nous sommes confrontés à ses émanations. Pierre Schaeffer et William Burroughs ont anticipé au niveau artistique ce qui est aujourd’hui une vérité esthétique quotidienne : zapper et surfer. Chacun se construit son propre monde à partir d’éclats récoltés au hasard. Genesis P-Orridge, du groupe industriel Throbbing Gristle : “Vers la fin des années 40, on a découvert que l’atome était fissible. Tout a changé pour toujours lorsque nous avons découvert que le monde pouvait être découpé, segmenté, et que le son également. Nous avons découvert que tout ce qui a rapport avec la culture peut-être découpé et ré-assemblé d’une autre façon, pour créer des choses qui n’existaient pas auparavant”.”

Capture depuis le site de Alana Riley
Le lecteur est devenu dans l’environnement du web actuel, un acteur, un specta(c)teur, un opérateur, un genre d’amateur, dont la figure politique est décrite en ces termes par Jean-Louis Weissberg : “En extrapolant à peine, on peut affirmer que la création de communautés sociales qui inventent des outils pour poursuivre le mouvement de création de communautés est, dans ce modèle, à la fois la source et le carburant du processus. Bref, la création de rapports sociaux exigeants devient l’objet de l’activité collective. » Ce devenir créatif passe par une plus grande place accordée à la subjectivité individuelle et par un rapport renégocié au collectif.
Mais ce qu’incarne peut-être de manière la plus significative ce lecteur-amateur, c’est - selon Olivier Blondeau - l’atteinte au régime de vérité :
“Ces “nouveaux médias” ne s’inscrivent dés lors pas uniquement dans une démarche contre- hégémonique de critique des procédures journalistiques, mais tentent d’en dépasser les contradiction pour produire une nouvelle politique de la vérité. Il s”agit moins, dans les médias alternatifs, de critiquer les contenus idéologiques dont sont porteurs les médias ou d’élaborer une contre-idéologie à prétention, elle-aussi, universelle que d’expérimenter de nouveaux circuits de communication, de nouvelles formes de collaboration sociale et de nouveaux modes d’interaction. Il ne s’agit pas de convaincre, de changer la conscience des gens, de remporter la lutte dans les cœurs et les esprits comme on pouvait l’entendre jusqu’à présent, mais de créer des cœurs et des esprits neufs capables non seulement de produire, mais aussi de négocier leurs propres régimes de vérité. C’est à ce titre que les médias alternatifs sur Internet sont tout à la fois très inoffensifs pour les journalistes traditionnels (ils ont fait défection) et très dangereux puisqu’ils interrogent les fondements même de la fonction journalistique.”

Cette atteinte au(x) régime(s) de vérité se fabrique(nt) notamment dans des pratiques de vidéo militantes analysées par Olvier Blondeau et dont l’origine artistique remonte au cinéma d’avant-garde. Le found-footage est ce procédé d’écritures dont Fernand Léger avait déjà fait une esquisse de théorisation en 1924 dans ses notes préparatoires pour le Ballet mécanique.
Il consiste en une utilisation des images ou des séquences qui passe par la sortie de leur contexte originel , par “l’autonomisation de celles-ci par rapport à leur contexte d’énonciation initial à travers une intervention sur le montage ou sur l’image elle-même”.
On a ici une définition assez proche de celle des pratiques qui ont cours dans le motion design. De nombreux créatifs, vidéastes, graphistes, musiciens ou plasticiens ont adopté ces méthodes de production, qui trouveraient sans doute leur propre origine dans le cut-up, le collage, ainsi que le laisse supposer la référence à Fernand Léger.
Luc Dall’Armellina
exemples de found-footage :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
From Da Space, un clip en Found Footage de Benoît Gréant et Dj Slade
GiovanniSample, une série de clips que nous a montrés Jean-Charles Dalben lors de nos “Lundis”
textes cités :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
Arjun Appadurai, “Après le colonialisme. Les conséquences culturelles de la globalisation”, Payot, trad. Fr., Paris, 2001
Brenez Nicole, “Cartographie du found-footage”
Félix Guattari, “Vers une ère post-media“, revue Terminal n°51, octobre 1990
Olivier Blondeau, “Become the media ! Du post-media au mediascape“, communication au colloque : Internet, Culture, and Society : French and American Perspectives, les 18-19-20 November 2004, Université d’Austin (Texas, EU), paru dans le n°56 de la Revue Chimères.
Philippe Robert, “Du cut-up à l’échantillonnage : les ready-made appartiennent à tout le monde”
Jean-Louis Weissberg, “L’amateur : émergence d’une figure politique en milieu numérique“, Revue Multitudes du 5 mai 2001
A la lettre N comme neurones…
janvier 31st, 2007
A la lettre N comme neurones,
Gilles Deleuze évoque les peintres Robert Delaunay et Simon Hantaï
___________________________________________
Robert Delaunay, disque (1912–13)
repro: www.robert-delaunay.net
Né à Paris en 1885 et mort à Montpellier en 1941. Marié à Sonia Delaunay (1885 - 1979), peintre également et dont on peut voir les œuvres au musée de Beaubourg.
Formé dans un atelier de décors de théâtre pendant deux ans, Robert Delaunay décide de se consacrer à la peinture, d’abord en peignant des toiles impressionnistes qu’il expose en 1904 au Salon des Indépendants.
Dans le même temps, il travaille sur la lumière, influencé par Seurat ainsi que par les textes théoriques de Chevreul sur la perception des couleurs. Découvrant l’oeuvre de Cézanne en 1907, il participe aux recherches cubistes en pratiquant la dissociation des formes comme dans les séries des ‘Villes’ ou des ‘Tour Eiffel’ et introduit la notion de couleur dans ses toiles, encouragé par le peintre russe Sonia Terk, qui deviendra sa femme.
En 1912, au Salon des Indépendants à Paris, il fait la connaissance d’artistes expressionnistes comme Klee ou Kandinsky et voit sa peinture qualifiée par Guillaume Apollinaire de ‘cubisme orphique’, en référence au mythe d’Orphée, où la lumière joue un rôle capital.
Dans les années vingt, Delaunay diversifie son travail, participe à l’exposition des Arts décoratifs avec Fernand Léger, compose des décors de cinéma ou réalise les portraits de ses amis, proches du Surréalisme - Tzara, Breton, Aragon - avant de revenir à l’art abstrait en 1930.
Les commandes passées par l’Exposition universelle de Paris de 1937 lui permettent de réaliser ses peintures monumentales comme les fresques murales des pavillons des chemins de fer et de l’air.
source:http://www.evene.fr
___________________________________________
Simon Hantaï -Composition, 1969
Peintre né en 1922 à Biatorbágy en Hongrie.Après l’école des Beaux-arts de Budapest, il parcourt l’Italie à pied et s’installe en France en 1949. Il prend la nationalité française en 1966. André Breton préface sa première exposition à Paris, mais dès 1955 il rompt avec le groupe surréaliste car André Breton n’a rien voulu entendre à propos du rapport entre l’ action painting de Jackson Pollock et la théorie de l’écriture automatique.
Hantaï invente le pliage en 1959 : la toile pliée, froissée est imprégnée de couleur puis dépliée. La couleur qui s’est déposée de façon discontinue apparaît en éclats répartis à travers l’espace de la toile faisant jouer sur le même plan les réserves blanches.
A partir de 1960, il décline ses abstractions par séries, elles sont très blanches ou plus colorées, brutes ou fines, flottantes ou géométriques. La première série s’intitule “Mariales” (1960-1968). La deuxième série “Toiles pour Reverdy” (1969). La troisième “Les blancs” (1973-1974). Et enfin “Les tabulas” (A partir de 1974).
Il déclare : “Le pliage ne procédait de rien. Il fallait simplement se mettre dans l’état de ceux qui n’ont encore rien vu; se mettre dans la toile. On pouvait remplir la toile pliée sans savoir où était le bord. On ne sait plus alors où cela s’arrête. On pouvait même aller plus loin et peindre les yeux fermés”.
Source wikipedia
Atlas Gloves
janvier 23rd, 2007

Atlas Gloves est une interface de contrôle gestuel pour le logiciel Google Earth (d’où son nom).
Crée par Dan Phiffer et Mushon Zer-Aviv de l’ITP - NYU’s Interactive Telecommunication Program, le logiciel utilise une webcam pour capter les mouvements de l’utilisateur, référencés par deux points lumineux.
Quelques mouvements simples permettent de se déplacer, de zoomer, ou d’effectuer une rotation.
Pour plus d’infos, ou pour télécharger le logiciel (gratuit) : http://atlasgloves.org/
Pour télécharger Google Earth : http://earth.google.fr/
iPhone
janvier 11th, 2007
![]()
Enfin dévoilé, la dernière bestiole d’Apple vaux le coup d’être éxaminée, ne serait-ce que par son interface complètement tactile et le système de renversement d’image.
Plus d’infos sur http://www.apple.com/