e-poetry 2007 - Paris

novembre 7th, 2006

E-Poetry constitue, tous les deux ans, le festival le plus importante sur la poésie numérique. Il permet aux auteurs et aux chercheurs du monde entier de se rencontrer et de présenter leurs conceptions et productions. Il joue un rôle essentiel dans l’émergence de ce nouveau champ littéraire et dans la circulation des conceptions et débats qui l’animent.

Le festival comprend deux pôles : un symposium universitaire et des manifestations artistiques.

Le symposium se déroulera à l’ Université Paris VIII. Il permettra aux chercheurs d’y exposer des recherches de premier plan et aux auteurs d’y présenter leurs démarches. Les actes du symposium seront publiés chez l’éditeur Hermès.

Les manifestations artistiques se dérouleront dans des centres parisiens réputés. Elles donneront l’occasion à des auteurs reconnus de se produire devant un public curieux des nouvelles tendances littéraires et artistiques liées aux technologies de la communication.

Andreas Muller - 2004
=> ci-dessus : All Seasons de Andreas Muller - 2004
E-poetry 2007 est organisé par :

* ouverture le dimanche 20 mai
* symposium et soirées: du lundi 21 au mercredi 23 mai

Le symposium et se déroulera à l’Université de Paris VIII (Saint-Denis), les manifestations à l’espace le Cube et au Point Ephémère.
Organisateurs: Loss Pequeño Glazier, Philippe Bootz, Patrick-Henri Burgaud, Jean Clément, Alexandre Gherban

Partenaires :

contact symposium : philippe.bootz@univ-paris8.fr

contact manifestations : pburgaud@laposte.net

Signes dans la ville

Présentation des travaux vidéos Data Town du collectif Fact et de Kapitaal, typo animation pour le Beyerd Museum par le studio StudioSmack.
On peut voir dans ces deux travaux de 2002 et 2005, le même type d’approche de l’image : une tentative de réduction par la nuit - si l’on peut dire -, ou le recours au noir et blanc, de l’univers visuel urbain.

Cette prolifération de signes typographiques dans la ville, habituellement colorée, saturée par la couleur, devient ici graphique, expression pure d’un dessin ; mais peut-être aussi d’un dessein. On peut en effet se demander jusqu’où les designers du collectif Fact ou ceux de StudioSmack ont souhaité mettre en avant la dimension graphique de cet univers de signes, qui semblent faire tenir à eux seuls le paysage urbain. Lignes, plans, surfaces s’imposent et structurent hauteur et profondeur du paysage.

DataTown - Collectif Fact
=> Data Town du Collectif Fact - 2002
Le dessein du dessin est-il donc de nous éclairer (par le noir !) sur la nature de marques des signes typographiés ?
La ville comme texte pourrait être le thème transversal de ces deux travaux, mais le souvenir par exemple de The Legible City de Jeffrey Shaw leur rendrait difficile cette possibilité.
L’espace urbain comme support de lecture(s) pourrait peut-être bien caractériser ces deux travaux mais cette remarque ne suffit pas et c’est la dimension des signes plastiques et graphiques qui domine, avec celle des marques. On pense ici à No Logo, livre de Naomi Klein.
Il serait plus juste de diférencier DataTown et Kapitaal dans leurs approches et leurs parcours : si DataTown insiste sur la ville faite de données (data), Kapitaal lui, nous rappelle le principe qui gouverne nos vies occidentales (le capital). Le design graphique est au centre de ces questions et il n’est assurément jamais en position de neutralité. L.D.A

Contacts

Aujourd’hui a vu la séance commencer par une proposition de Jean-Pierre. Le train venant de Paris était en retard. Nous avons regardé et écouté le photographe Italien Giacomelli, dont l’interview fait partie de l’ensemble éditorial des Contacts.

Où l’on découvre des images granuleuses, pas “belles”, mais d’une grande force. Et puis sa voix, qui en parle, soutient le tout avec vérité. Intringué, je rentre chez moi et collecte quelques lignes sur l’artiste :

“Mario Giacomelli est issu d’une famille pauvre du village de Senigallia situé dans la région de Marches en Italie. Son père décède en 1934. Il n’a aucune prédilection pour la photographie. En 1938 il entre comme apprenti dans une imprimerie et réalise ses premiers tableaux. Il devient copropriétaire de l’imprimerie au départ à la retraite de son patron. En 1945 il participe à des courses de voiture. il abandonne ce sport en 1952 à la suite d’un accident. Il fait sa première photo cette année.
Il se considère comme un imprimeur et pratique la photo dans le cadre de ses loisirs. En 1954 il rencontre Giuseppe Cavalli, animateur d’un groupe de photographes amateurs qui le motive à exposer. En 1956 il fréquente le groupe de photographes “la Bussola” qui veut créer une photographie différente. Il entreprend ses séries dès 1957.
Il expose en 1961 ses séminaristes de Senigallia à la Photokina de Cologne et le MOMA de New York acquiert certaines de ses images de Scanno.
C’est à partir de 1977 qu’il expose un peu partout dans le monde, Angleterre, France, URSS, Canada , Etats Unis, Belgique, Italie… En 1990 la cote de ses photos s’envole. Il décède à 75 ans d’un cancer le 25 novembre 2000 à Senigallia. Une grande rétrospective est organisée en 2001 à Rome.” in PhotoSapiens

Giacomelli

Et puis comme Internet est prolifique, il me permet aussi de lire “Il n’a que faire de la technique. Muni d’un appareil bricolé avec du scotch, il aborde la photographie en autodidacte simplement guidé par son instinct. Il bouleverse les pratiques photographiques par sa méconnaissance : il surexpose, surdéveloppe, emploie une faible profondeur de champ, utilise des films périmés pour obtenir des contrastes plus accentués… Malgré son côté désorganisé, c’est un alchimiste, au tirage dans le petit laboratoire qu’il a installé chez lui, réalisant un travail très personnel affranchi des procédés techniques habituellement utilisés.” Ce commentaire de Hèlène Lamarche me paraît être la bonne synthèse de ce que j’ai vu, si vite ce matin là.

Et puis, si l’on en pas terminé avec ces prêtres empêtrés dans leurs trop longues robes noires, on peut aller voir ce livre, parce que la photographie ne se réduit pas aux mots, quelle les appellent sans fin. L.D.A