LE PRIX DE L’INDEPENDANCE (design graphique)
Ligne de recherche Basse Définition : http://bassedef.net/wordpress/
Soutenue par la Délagation aux arts plastiques, au titre de l’appel à projet de recherche 2008, la ligne de recherche « Basse Définition » associe trois écoles d’art (Quimper, Annecy, Valence) à des laboratoires de recherches universitaires (Paris 1, l’ENST et l’Université Pierre-Mendès France) et à un centre d’art dédié à la jeune création Oui (Grenoble). Elle se donne pour objectif d’étudier et d’accompagner les manières de faire issues de la fréquentation d’Internet et de la « révolution numérique » qui lui est associée, et de produire un appareil théorique et critique capable de rendre compte de ce changement de régime de perception.
Valence, 23/24/25 novembre 2009
Après les rencontre fructueuses à Paris, en janvier, et à Grenoble, lors de la première session provinciale itinérante de mai 2009, 3 nouvelles journées internationales de la ligne de recherche Basse Définition auront lieu à l’ERBA de Valence les 23, 24 et 25 novembre.
Intervenants
Bertrand Clavez (Paris)
Paul Elliman (Londres)
Graphic Industry (NY-Islande)
Urs Lehni (Zürich-Berlin)
Gilles Rouffineau (Valence)
Coline Sunier et Charles Mazé (Bruxelles)
Stéphane Sauzedde (Oui-Grenoble)
Programme
Lundi 23 novembre 09
9h30 : Accueil et présentation
9h45 : Gilles Rouffineau, « Le prix de l’indépendance »
Qualité technique limitée des images, des signes et des sons, les termes basse définition se réfèrent également à une attitude revendiquée par certains artistes. Marquées par l’économie des moyens employés, suscitant la déception par leur échelle ou la modestie apparente de leurs ambitions, les réalisations qui engagent une réception basse déf. se détachent sur le fond de productions artistiques marquées par la stratégie de l’entreprise. Quels échos auraient ces pratiques dans le champ du design graphique ? Quels antécédents historiques pourraient l’éclairer ? L’ensemble des intervenants à ces 3 journées de la ligne de recherche apporteront différentes approches qui seront autant de réponses à ces questions.
10h15 : Graphic Industry (NY-Islande) & Stéphane Sauzedde (Oui-Grenoble) : « Tout le monde est graphiste, surtout nous. »
Graphic Industry s’occupe de produire toute la communication graphique de OUI, de ses éditions à son site web, de ses cartons d’invitation à son logo. Mais les membres de Graphic Industry sont aussi des artistes avec lesquels travaille Stéphane Sauzedde, directeur de OUI, et il les a invités de nombreuses fois à exposer ou à intervenir dans des événements, y compris à OUI. Alors, comment se passent les rapports du commanditaire aux graphistes? La proximité donne-t-elle une liberté que les graphistes ne trouvent pas ailleurs ? Mais lorsqu’on regarde les choses de plus près, d’autres questions se posent aussi : ces graphistes ont-ils été invités pour accompagner une activité qui était là, du fait de l’existence de OUI ? Graphic Industry est-il simplement un exemple de ce que prendre en main veut dire ? La discussion que Stéphane Sauzedde et Graphic Industry nous proposent d’avoir portera sur leurs activités réciproques et croisées, ainsi que la redistribution des cartes qui en résulte.
http://www.aoui.org, http://www.myspace.com/graphicindustry
14h : Coline Sunier & Charles Mazé (Bruxelles) : « Distort Time »*
Variant à l’occasion de chaque parution, l’apparence de la revue 2.0.1 emprunte la maquette d’un imprimé déjà existant. Choisi en fonction du thème du numéro, la reproduction fidèle de cet imprimé de base – depuis l’apparence générale jusqu’au détail- affirme et révèle les thématiques de 2.0.1 par le support lui-même. Au travers des 3 numéros de 2.0.1, nous reviendrons sur la construction du projet, nos motivations quant au détournement d’une maquette originale et les limites et questionnements que cela engendre.
(*d’après Brian Eno & Peter Schmidt, Oblique Stratégies, 1975).
16h00-17h00 : Plateforme basse déf #1
17h15 : Projection #1
Fluxus Home Movie, Joe Jones, 1985, 20′
Zefiro Torna, Jonas Mekas, 1992, 35′
Mardi 24 novembre 09
9h30 : Bertrand Clavez (Paris) : « George Maciunas, ou le minimalisme paradoxal. »
George Maciunas, qui refusa toujours d’être désigné par le vocable d’artiste, fut celui qui, par son univers graphique particulier, sut donner aux éditions Fluxus la cohérence visuelle et formelle inimitable qu’on lui connaît aujourd’hui. Historien de l’art formé à l’architecture, graphiste travaillant comme designer, « artctiviste » se considérant éditeur, Maciunas a vu sa production osciller simultanément entre les collages néo-dadas rétro et la séchresse moderniste d’un minimalisme en cours de formation: critiquant les architectes et designers vieillissant du Bauhaus, il se réclamait du cubo-futurisme russe du LEF et prônait un fonctionnalisme si radical dans tous les aspects de sa vie qu’il en oubliait d’être pratique.
14h00-16h00 : Plateforme basse déf #2
16h30 : Projection #2
Au revoir Mr Szeeman, Michel Schroeder, reportage TSR, 1969, 41′
Mercredi 25 novembre 09
9h30 : Urs Lehni (Zürich-Berlin) : « Travaux de commande et productions autonomes. »
A partir de sa propre pratique de designer graphique, Urs Lehni exposera les multiples réalités de ce métier aux contours incertains. Les productions éditoriales comme le Migros Museum für Gegenwartskunst qui répondent à une commande institutionnelle et celles de la Shedhalle Zürichsont seront présentées au même plan que les éditions autoproduites pour Rollo Press ou encore pour Corner College, collectif d’artistes et lieu de travail.
10h45 : Paul Elliman (Londres) : « Par terre et dans les airs. »
A partir de lettres faites de fragments abandonnés ou d’objets cassés, trouvés dans la ville, et avec les paroles qui se propagent comme des panneaux de lettrages signalétiques, je suis à la recherche de quelques-uns des principes à l’oeuvre dans une sorte de langage propre à la modernité, sans doute pour mieux les remettre en cause.
Artiste et designer, les travaux de Paul Elliman ont principalement recours à la typographie et à la voix, ainsi qu’aux appels et signaux sonores qui en sont la médiation ou l’entre-deux. Ces recherches sont représentées dans les collection de la Tate Modern de Londres, au Victoria & Albert Museum, au Musée Cooper-Hewitt National Design de New York et à l’APAP de Anyang en Corée. Il a récemment exposé à Milan, dans l’exposition de groupe If I When My… à la galerie De Carlo, dans Unmonumental au New Museum de New york, à Word Event à la Kunsthalle de Bâle, dans Around Max Bill au Centre Culturel Suisse à Paris, The World Is All That Is The Case à la galerie Hudson Franklin de New York et à Platform 2009 à Séoul. En 2009, Elliman a été invité en résidence d’artiste à l’IASPIS de Stockholm. En ce moment même, il participe à Performa09, la biennale de New York.
14h00-16h00 : Plateforme basse déf #3
Les plateformes sont les plages de présentation des travaux d’étudiants qui participent à cette recherche.